PARIS, FRANCE – La chanteuse Clara Luciani, quadruple lauréate des Victoires de la musique et marraine de la dernière saison de la Star Academy, s’est ouverte avec une rare sincérité sur une maladie neurologique dont elle souffre depuis des années : le tremblement essentiel. Si elle avait abordé le sujet pour la première fois dans un article du Parisien en 2019, elle s’est cette fois-ci épanchée davantage dans l’émission « Small Talk » de Konbini, face à David Castello-Lopes, ce mercredi 14 mai.

Clara Luciani - Wikipedia

« Je tremble tout le temps », a confié l’artiste, détaillant les situations embarrassantes auxquelles elle a été confrontée. « C’est très gênant parce qu’il y a plein de situations dans ma vie où on m’a dit “tu as bu, t’as pris des drogues, tu es intimidée”… et je n’étais rien de tout ça », raconte-t-elle, soulignant l’incompréhension et les jugements auxquels elle a dû faire face.

La nervosité et le regard des autres ont longtemps amplifié ses symptômes. « Je sais ce qui accentue mes tremblements, c’est vraiment la nervosité et le fait qu’on puisse voir que je tremble », a-t-elle expliqué durant l’entretien. « Et c’était très compliqué pour mes premières télés parce que je me disais : “Les gens vont se rendre compte que je tremble”. Et au plus j’y pensais, au plus je tremblais. »

L’Acceptation comme Liberté : « Je tremble beaucoup moins »

La maladie de Clara Luciani est d’autant plus complexe qu’elle « ne va pas s’arranger avec les années ». Au début de sa carrière, elle avait recours à des médicaments pour gérer ses symptômes. « Avant je prenais des bêta-bloquants mais c’est quand même un truc qui ralentit ton rythme cardiaque », a-t-elle précisé.

Pour cacher ses tremblements sur scène, l’interprète de « La Grenade » a usé de stratagèmes : « Avant j’avais tellement peur qu’on voie que je tremble que je tenais deux bouts du fil (du micro) pour avoir l’air plus stable », a-t-elle avoué. Mais aujourd’hui, une nouvelle philosophie de vie a changé la donne. Elle a « décidé de vivre avec » son tremblement essentiel, s’étant ainsi libérée du poids du regard des autres. « Je suis capable d’aller sur scène avec un micro sans fil. Le fait de m’être dégagée de tout ça, j’ai l’impression que je tremble beaucoup moins sur scène », se réjouit-elle. Cette acceptation a, paradoxalement, réduit la fréquence de ses tremblements.

Si la maladie peut encore occasionnellement la gêner, comme lorsqu’elle a réalisé les décors de sa première tournée et a constaté que ses traits n’étaient pas droits, Clara Luciani tente de l’aborder avec humour et philosophie. « Tremblement essentiel ça fait un truc un peu gothique, ça pourrait être un album d’Evanescence (groupe de métal alternatif des années 2000, ndlr) », ironise-t-elle en conclusion, preuve de sa capacité à transformer l’adversité en force et en matière artistique. Son témoignage est une ode à l’acceptation de soi et à la résilience face aux défis de la vie.