Douce vengeance : quand une femme méprisée a renversé un empire commercial ! Mon fiancé a épousé la fille du PDG lors du 10e anniversaire de l’entreprise ; il ignorait totalement que j’avais tout espionné.
La pluie battait violemment contre le pare-brise de la Peugeot 308 grise. Gaël éteignit le moteur, ses doigts crispés sur le volant en cuir usé. Elle observa son reflet dans le rétroviseur, ajustant machinalement une mèche de cheveux châtains. Sa robe noire Zara, choisie avec soin, épousait parfaitement ses formes élancées. “Allez Gaël, tu peux y arriver”, murmura-t-elle à son reflet, tentant de maîtriser le tremblement dans sa voix.
Elle saisit son sac à main en cuir bordeaux. 22h47. La réunion de De la Croix Industrie battait son plein depuis plus de deux heures au prestigieux hôtel Métropole. Gaël avait prévu d’arriver plus tôt, mais le projet Martinau l’avait retenue au bureau. Elle souriait en pensant à la surprise qu’elle allait faire à Thomas. Depuis trois mois qu’il travaillait sur ce contrat avec Élise de la Croix, il rentrait épuisé et distant. Cette soirée serait l’occasion parfaite pour raviver leur complicité.
Le hall du Métropole respirait le luxe à la française. Des colonnes de marbre blanc s’élevaient vers un plafond orné de fresques dorées, des lustres en cristal de Baccarat diffusaient une lumière chaude et feutrée. Gaël sentit ses talons Louboutin s’enfoncer dans l’épais tapis persan menant vers les salons de réception. Elle avait économisé pendant des mois pour s’offrir ces chaussures, un investissement qu’elle jugeait nécessaire pour évoluer dans ce milieu professionnel exigeant.
“Bonsoir, Mademoiselle. Puis-je vous aider ?” demanda un homme en smoking. “Je me rends à la réception de De la Croix Industrie,” répondit Gaël. “Salon Napoléon, au bout du couloir. Suivez simplement la musique.” Les accords d’un quartet de jazz filtraient à travers les murs feutrés. Gaël reconnut “La Vie en Rose” d’Édith Piaf, arrangée dans un style moderne. Impatiente, elle pressa le pas.
À quelques mètres du salon, Gaël s’arrêta brusquement. À travers les portes vitrées à double battant, elle distinguait l’intérieur somptueux de la salle de réception. Des dizaines d’invités en tenue de soirée évoluaient entre les tables dressées de nappes blanches immaculées. Mais ce qui figea Gaël, ce fut la scène qui se déroulait au centre de la pièce, près du podium où se produisait le quartet.
Thomas, son Thomas, se tenait debout, vêtu d’un smoking noir qu’elle ne lui connaissait pas. Il était magnifique. Mais il n’était pas seul. Élise de la Croix, la fille du PDG, était blottie contre lui, radieuse dans une robe de soirée blanche Saint-Laurent. Ce qui attira le regard de Gaël, ce furent les alliances dorées qui brillaient à leurs annulaires gauches.
“Mesdames et Messieurs,” résonna la voix grave de Monsieur de la Croix dans le microphone. “Permettez-moi de porter un toast à ma fille Élise et à son époux Thomas qui viennent de s’unir dans le plus grand secret !” Un tonnerre d’applaudissements explosa. Gaël entendait distinctement les félicitations : “Quelle surprise merveilleuse ! Ils forment un couple parfait. Thomas a vraiment de la chance.”
Thomas prit le microphone, sa voix légèrement tremblante : “Merci à tous d’être présents ce soir. Élise a bouleversé mon existence et quand elle m’a proposé de nous marier ce soir, je n’ai pas pu résister. Élise, tu es la femme la plus extraordinaire que j’ai jamais rencontrée.”
Gaël sentit ses jambes se dérober. Elle s’appuya contre le mur, sa respiration saccadée. Le véritable amour ? Mais ils étaient ensemble depuis trois ans ! Ils avaient prévu de se marier l’année prochaine. Elle portait encore sa bague de fiançailles, celle qu’il lui avait offerte lors d’un week-end romantique à Deauville.
Élise prit à son tour le microphone : “Thomas et moi, nous nous sommes trouvés au moment où nous nous y attendions le moins. L’amour ne prévient pas, n’est-ce pas ?” Elle éclata d’un rire léger, repris par l’assistance. Thomas la regardait avec une adoration que Gaël ne lui avait jamais vue. “Comment avait-elle pu être si aveugle ?”
“Excusez-moi, Mademoiselle. Tout va bien ?” demanda une femme de l’hôtel. “Oui, tout va bien,” balbutia Gaël. “Mariage surprise a créé une ambiance extraordinaire. Madame de la Croix a organisé tout cela en secret depuis des semaines.” Des semaines ! Cela signifiait que Thomas la trompait depuis des semaines, peut-être des mois. Elle se rappela soudain tous ces soirs où il rentrait tard, ces appels téléphoniques qu’il prenait dans la salle de bain en parlant à voix basse.
Dans les toilettes luxueuses de l’hôtel, Gaël s’effondra sur la banquette en velours. Elle observa son reflet. Ses yeux verts brillaient de larmes non versées. “Je t’aime, ma chérie. Vivement que cette période stressante au bureau se termine pour qu’on puisse se retrouver.” Mensonge. Tout était mensonge.
Elle se redressa, rajusta sa robe. Elle allait affronter Thomas. Elle méritait des explications, des excuses, un minimum de respect. En sortant, elle croisa Martine de la comptabilité. “Gaël, qu’est-ce que tu fais là ? Tu n’étais pas invitée ?” “J’ai voulu faire une surprise à Thomas.” Martine la regarda avec un mélange de surprise et de compassion. “Oh mon Dieu ! Tu ne savais pas ? Thomas a toujours été ambitieux. Épouser la fille du patron, c’est un raccourci vers le sommet. Mais ne t’inquiète pas, tu vaux mieux que ça.”
Gaël ne répondit pas et se dirigea vers les portes du salon. Elle entendait la voix de Thomas portant un toast : “À ma femme Élise qui illumine ma vie…” Gaël inspira profondément et posa sa main sur la poignée dorée. Le moment de vérité était arrivé.
Les portes du salon Napoléon s’ouvrirent dans un grincement métallique. Le bruit sec de ses talons Louboutin coupa net la musique. Un silence de mort s’abattit. Tous les regards se tournèrent vers cette femme aux cheveux défaits. Ses yeux verts brillaient d’une lueur glaciale. Thomas pâlit instantanément. Le cristal glissa de ses doigts et se brisa en mille morceaux. “Gaël,” murmura Thomas.
Gaël s’avança lentement vers le couple. “Félicitations Thomas !” dit-elle d’une voix tremblante mais claire. “Quel beau mariage ! Dommage que tu aies oublié de rompre avec ta fiancée avant !” Un murmure parcourut l’assistance. “Gaël, je peux t’expliquer ?” balbutia Thomas. “Ce n’est pas ce que tu crois.” “Ah, vraiment ? Alors, explique-moi pourquoi l’homme avec qui je partage ma vie depuis trois ans se marie avec une autre femme sans même avoir la décence de me prévenir ?” Elle leva sa main, montrant sa bague de fiançailles. “Tu vois cette bague ? Tu te souviens de cette bague, Thomas ? Tu as dit que j’étais la femme de ta vie.”
Élise décida d’intervenir : “Écoutez, Mademoiselle, je ne connais même pas votre nom. Vous faites erreur sur la personne. Thomas et moi nous nous aimons.” “Mademoiselle ?” répéta Gaël incrédule. “Je m’appelle Gaël Moreau et je travaille dans votre entreprise depuis 5 ans. Je suis la responsable marketing qui a décroché le contrat Martinau la semaine dernière. Dis-lui Thomas, dis-lui qui je suis. Dis-lui que nous vivons ensemble depuis trois ans rue de la Pompe. Dis-lui que tu m’as fait l’amour hier soir en me répétant que tu m’aimais.”
Un silence de plomb s’abattit. Thomas, le visage cramoisi, ne trouvait plus ses mots. “C’est vrai, Thomas ?” demanda Élise, sa voix soudain plus grave. “Tu étais fiancée à cette femme ?” “Élise, laisse-moi t’expliquer,” supplia Thomas. “Oui, Gaël et moi, nous avons eu une relation, mais c’est terminé. Je n’ai pas encore eu le temps de lui annoncer que c’était fini.” “Pas encore eu le temps !” explosa Gaël. “Nous avons dîné ensemble avant-hier ! Tu m’as dit que tu m’aimais ce matin !”
Monsieur de la Croix intervint : “Mademoiselle Moreau, je vous demande de quitter immédiatement cette réception. Vous troublez la tranquillité de mes invités.” “Votre fille épouse un homme qui trompe sa fiancée, un homme qui n’a même pas eu le courage de rompre avant de se marier. C’est ça l’éducation que vous lui avez donnée ?” “Mes sentiments personnels ne vous regardent pas,” répliqua Élise. “Thomas a fait le bon choix. Il a épousé quelqu’un de son niveau social. Vous, vous n’êtes qu’une employée ordinaire. Que pouviez-vous lui apporter ?”
Ces mots frappèrent Gaël comme une gifle. “Je lui ai donné trois ans de ma vie. Je l’ai soutenu quand il doutait. Je l’ai aimé quand il n’était encore qu’un commercial junior sans avenir.” Thomas, enfin, retrouva sa voix : “Gaël, tu ne comprends pas ? Ce qui s’est passé entre Élise et moi, c’est différent. C’est plus fort que tout ce que j’ai jamais ressenti.” “Plus fort ?” répéta Gaël. “Thomas, tu me disais la même chose il y a six mois.”
Élise décida de porter le coup de grâce : “Écoutez, Gaël, vous devez comprendre que Thomas et moi, c’est le grand amour. Ce que vous aviez avec lui, c’était peut-être confortable, mais ce n’était pas de l’amour véritable.” “Le grand amour ?” ricana Gaël. “Vous vous connaissez depuis quand ? Trois mois ? Quatre mois ? Et vous osez me parler de grand amour ?” “Le temps n’a pas d’importance,” répliqua Élise avec suffisance. “Et le fait que vous soyez la fille du patron n’a rien à voir avec ce coup de foudre, bien sûr ?”
“Gaël, comment peux-tu dire ça ? Je ne suis pas un arriviste,” protesta Thomas. “Alors, explique-moi pourquoi tu m’as menti pendant des mois ?” “Je ne voulais pas te faire de mal. Je cherchais le bon moment.” “Le bon moment aurait été avant de l’épouser !” Monsieur de la Croix éleva la voix : “Mademoiselle Moreau, cette conversation a assez duré. Vous êtes en train de créer un scandale.” “Le scandale, Monsieur de la Croix, c’est que votre gendre trompe sa fiancée. Le scandale, c’est que votre fille épouse un homme malhonnête. Le scandale, c’est que vous cautionnez cette mascarade.”
“Vos affaires de famille ne vous concernent pas,” répliqua-t-il sèchement. “Et votre attitude ce soir pourrait avoir des conséquences sur votre carrière.” Gaël réalisa qu’elle s’attaquait à l’homme le plus puissant de son environnement professionnel. Mais la colère était plus forte. “Vous me menacez ?” “Je vous informe, une employée qui perturbe la tranquillité de ses supérieurs ne peut pas espérer faire carrière.”
Thomas tenta un dernier recours : “Gaël, s’il te plaît, arrête. Tu es en train de te ridiculiser.” “Me ridiculiser ? C’est moi qui me ridiculise ? Pas toi qui t’es marié en secret avec une autre femme ?” Élise l’interrompit : “Bon, ça suffit maintenant. Thomas est mon mari. Ce que vous avez vécu appartient au passé. Acceptez-le et passez à autre chose.” “Pathétique ?” répéta Gaël, ses yeux s’embrasant. “Vous trouvez pathétique qu’une femme se batte pour l’homme qu’elle aime ?” “Je trouve pathétique qu’une femme s’accroche à un homme qui ne veut plus d’elle,” répliqua Élise.
Gaël regarda Thomas une dernière fois, ne voyant que de la gêne et de la lâcheté. Lentement, avec dignité, elle retira sa bague de fiançailles et la posa délicatement sur la table du buffet. “Gardez-la en souvenir de l’homme honnête que vous étiez autrefois, Thomas, avant que l’ambition et la cupidité ne vous transforment en étranger.” Elle balaya du regard l’assemblée silencieuse. “Mesdames et Messieurs, je vous présente mes excuses pour avoir troublé votre soirée. Profitez bien de votre fête. Après tout, vous célébrez l’union d’un menteur et d’une opportuniste. Quel beau couple ils forment.”
Sur ces mots, elle tourna les talons et se dirigea vers la sortie, la tête haute malgré les larmes. La porte se referma derrière elle. Sa vie venait de basculer, mais elle avait préservé sa dignité.
Trois semaines s’étaient écoulées. Gaël était arrivée au bureau avec 45 minutes d’avance, comme tous les jours depuis sa convocation chez Monsieur de la Croix. Elle portait désormais exclusivement du noir, du gris anthracite et du blanc cassé. Ses cheveux étaient toujours tirés en un chignon serré. Depuis trois semaines, tous ses collègues l’évitaient. Car, contrairement à toute attente, Gaël n’avait pas été licenciée.
Ce samedi matin, dans le bureau somptueux de Monsieur de la Croix, il l’avait reçue froidement : “Mademoiselle Moreau, vous avez perturbé le mariage de ma fille. Vous avez créé un scandale. Je vous présente mes excuses pour la forme, mais je ne peux pas m’excuser pour le fond. J’ai appris que mon fiancé épousait une autre femme. Ma réaction était humaine.” “Humaine peut-être, mais professionnellement inacceptable. Savez-vous combien de personnes j’ai licenciées pour des fautes moins graves ?”
Il s’était retourné, plantant son regard dans celui de Gaël. “Cependant, j’ai étudié votre dossier ce week-end. Vos résultats sont impressionnants. Le contrat Martinau représente 12 % de notre chiffre d’affaires annuel. Élise et Thomas souhaitent votre renvoi immédiat. Thomas m’a même proposé de reprendre votre portefeuille client.” “Et qu’avez-vous décidé ?” demanda Gaël. “J’ai décidé que les intérêts de De la Croix Industrie passaient avant les états d’âme de ma fille et de mon gendre. Vous restez, mais à certaines conditions. Premièrement, vous ne devez plus jamais adresser la parole à Thomas Morau en dehors des nécessités professionnelles strictes. Deuxièmement, vous ne devez jamais évoquer votre relation passée. Troisièmement, au moindre écart de conduite, vous êtes dehors sans préavis. Est-ce clair ? Parfaitement clair, Monsieur. Et pour éviter tout malentendu, vous êtes promue responsable marketing senior avec une augmentation de salaire de 20 %.”
Gaël avait quitté ce bureau avec un sentiment mitigé. Elle avait gardé son emploi, mais elle savait que cette décision avait dû faire l’effet d’une bombe dans le couple Thomas-Élise. Thomas avait tenté de l’approcher : “Gaël, il faut qu’on parle. Cette situation est impossible.” “Je n’ai rien à te dire Thomas. C’est ton beau-père qui en a décidé autrement.” Gaël avait développé une carapace émotionnelle. Elle nourrissait un projet bien plus sombre.
Elle avait commencé à observer, à écouter, à collecter des informations. Son poste de responsable marketing senior lui donnait accès à de nombreux dossiers. Elle avait découvert les premières irrégularités en épluchant le dossier Clemenau : des factures étranges pour des prestations de conseil sans justification. Elle avait découvert que cette société, Fiducia Partners, appartenait à un holding contrôlé par Monsieur de la Croix lui-même. Des millions d’euros de prestations fantômes.
“Martine, tu peux me sortir tous les virements vers Fiducia Partners sur les trois dernières années ?” “Gaël, ils ont touché 3,2 millions d’euros en 3 ans. Toutes les factures sont libellées ‘Mission de conseil stratégique’. C’est vague, non ? Monsieur de la Croix en personne signe les bons de commande.”
Gaël avait continué à fouiller. Elle avait découvert que l’argent transitait par la société de conseil mais finissait dans les comptes personnels de Monsieur de la Croix. Il détournait l’argent pour financer ses investissements immobiliers. Mais ce n’était pas tout. Thomas était maintenant impliqué, signant des contrats fictifs avec des sociétés écrans pour blanchir l’argent détourné. Thomas Morau, bon de commande numéro 4557582, société Atlantis Consulting, prestation de formation commerciale, 450 000 €. Aucune formation n’avait jamais été dispensée.
“Alors mon cher Thomas, tu trempes maintenant dans les magouilles de ton beau-père,” avait-elle murmuré avec un sourire froid. Et la cerise sur le gâteau : Élise. Elle utilisait la carte de crédit de l’entreprise pour régler ses dettes de jeu. Élise de la Croix était une joueuse compulsive. “Remboursement de frais exceptionnels, 127 000 €. Casino Princesse.” En trois mois de mariage, Élise avait dilapidé plus de 800 000 € de l’argent de l’entreprise.
Gaël avait imprimé tous ces documents, les avait scannés, sauvegardés sur plusieurs supports. Elle constituait méticuleusement un dossier qui pourrait détruire la famille de la Croix et ruiner la carrière de Thomas. Une fois seule, Gaël avait composé un numéro. “Bonjour, je souhaiterais parler à Maître Catherine Lefort, journaliste d’investigation aux Échos Financiers. J’ai des informations sur des malversations financières dans une grande entreprise parisienne. Détournement de fonds, blanchiment d’argent, usage de sociétés écrans. Le tout pour plusieurs millions d’euros. J’ai toutes les preuves. Pouvons-nous nous rencontrer en toute discrétion ? Demain 18h au Café de Flore.”
Le lendemain soir, au Café de Flore, elle avait rencontré Catherine Lefort, une femme aux cheveux courts et aux yeux perçants. “Montrez-moi ce que vous avez,” avait demandé Catherine. Gaël avait étalé les copies des factures, des virements, des bons de commande. “Mon Dieu,” avait murmuré la journaliste. “C’est un système de détournement organisé. C’est suffisant pour faire tomber toute l’entreprise de la Croix Industrie. C’est le scandale de l’année.” “Pourquoi faites-vous ça ?” “Vengeance. Monsieur de la Croix et sa famille m’ont humiliée. Son gendre m’a trahie. Je veux qu’ils paient.”
“Vous réalisez que vous risquez gros ?” “Je sais, mais j’ai un plan. Je ne compte pas rester dans ce milieu. Je vais créer ma propre entreprise. Avec le scandale qui va éclater, plusieurs clients de De la Croix Industrie vont chercher un nouveau prestataire.” “Vous avez tout prévu. Je vous tire mon chapeau. L’article sortira vendredi prochain.” Gaël s’était sentie libérée. Sa vengeance était en marche, imparable.
Le jeudi 14 novembre, le conseil d’administration trimestriel de De la Croix Industrie se tenait dans la salle Richelieu. Gaël ajusta sa veste tailleur gris anthracite. Elle était programmée pour intervenir à 10h30. Son sujet officiel : “Bilan marketing T3 et perspectives T4”, mais elle avait préparé bien autre chose.
“Mesdames et Messieurs, nous accueillons maintenant Madame Gaël Moreau, notre responsable marketing senior,” annonça Monsieur de la Croix. Thomas était assis à trois places de son beau-père, Élise assistait exceptionnellement à ce conseil en tant que consultante en développement stratégique.
“Merci, Monsieur le Président,” répondit Gaël, sa voix claire. “Mes chers administrateurs, je vais commencer par vous présenter nos excellents résultats du troisième trimestre.” Les chiffres étaient effectivement excellents. “Cependant, avant d’aborder nos projections, je souhaite partager avec vous certaines préoccupations concernant la santé financière globale de notre entreprise.” L’atmosphère changea. Monsieur de la Croix fronça les sourcils. Thomas pâlit.
“Des préoccupations ?” interrogea de la Croix. “Vous n’êtes pas directrice financière.” “Vous avez raison, Monsieur le Président, mais en tant que responsable marketing, j’ai accès au budget de communication et de conseils externes, et c’est là que j’ai découvert certaines irrégularités.” Gaël cliqua et une nouvelle diapositive apparut : “Analyse des dépenses de conseil externe 2022-2024”.
“Comme vous pouvez le voir, nous avons dépensé 4,7 millions d’euros en trois ans pour des prestations de conseil externe. C’est 40 % de plus que nos principaux concurrents. Prenons l’exemple de Fiducia Partners Luxembourg. Cette société a facturé 3,2 millions d’euros en trois ans pour des missions de conseil stratégiques. Quelqu’un peut-il me dire concrètement quelles ont été ces missions ?” Silence pesant. “Mademoiselle Moreau, ces informations sont confidentielles.” “Confidentiel certes, mais curieusement j’ai eu accès aux factures détaillées. Et voici ce que j’y ai trouvé.”
La diapositive suivante fit l’effet d’une bombe. Elle présentait des copies de factures de Fiducia Partners toutes signées par de la Croix en personne, et surtout, montrait les virements correspondants vers des comptes personnels. “Ces virements ne vont pas vers Fiducia Partners, ils vont vers des comptes personnels au nom de Henry de la Croix !” s’exclama un actionnaire. “Exactement,” confirma Gaël. “Fiducia Partners est une société écran appartenant à un holding contrôlé par Monsieur de la Croix. L’argent de De la Croix Industrie transite par cette société fantôme pour finir dans ses comptes personnels.”
“C’est un mensonge !” explosa de la Croix. “Ces accusations sont diffamatoires !” “Sont-elles fausses ? Voulez-vous que nous demandions à vos banquiers de vérifier les mouvements de fonds ?” Un silence de mort. “Mais ce n’est pas tout,” continua Gaël, imperturbable. “Depuis son arrivée, Monsieur Thomas Morau a signé plusieurs contrats avec des sociétés tout aussi fantomatiques.” Thomas se tassa. “Atlantis Consulting, Neptune Service… Toutes ces sociétés ont facturé des formations commerciales. Total 1,8 million d’euros. Quelqu’un a-t-il déjà vu un consultant de ces sociétés dans nos locaux ?”
“Ces sociétés sont recommandées par Monsieur de la Croix. Je ne fais que suivre ses directives,” balbutia Thomas. “Intéressant. Car en vérifiant l’actionnariat de ces sociétés, j’ai découvert qu’elles appartiennent toutes au même réseau offshore contrôlé par la famille de la Croix. Vous ne suivez pas ces directives, Thomas. Vous êtes complice de son système de détournement.”
“Et pour couronner le tout,” annonça Gaël, “permettez-moi de vous présenter les dépenses exceptionnelles de Madame Élise Morau. Elle utilise la carte de crédit de l’entreprise pour régler ses dettes de jeux personnels. 847 000 € en trois mois, Madame Morau, c’est considérable.” Les preuves s’affichèrent à l’écran : relevés de compte, factures de casinos.
“Vous n’avez pas le droit !” protesta Élise. “Ces informations sont privées !” “Privées mais payées avec l’argent de l’entreprise,” rétorqua Gaël. “Monsieur de la Croix,” lança Jacques Baumont, “votre gendre détourne des fonds, votre fille dilapide l’argent de l’entreprise ? Et vous organisez un système pour vous enrichir personnellement !”
“Ces accusations sont grotesques !” hurla de la Croix. “Cette femme cherche à se venger !” “Se venger ? Monsieur de la Croix, je vous présente des preuves comptables irréfutables. Si c’est de la vengeance, c’est une vengeance fondée sur des faits.”
“Monsieur de la Croix, notre fonds d’investissement détient 31 % du capital. Ces révélations constituent une violation grave,” déclara Catherine de Montclaire. “Nous exigeons une expertise comptable indépendante immédiate.” “Et moi, j’exige la démission immédiate de Monsieur de la Croix !” lança Jacques Baumont.
“Votre père va surtout avoir du mal à vous protéger depuis sa cellule de prison,” dit Gaël à Élise. “Prison ?” balbutia Thomas. “Oh oui, Thomas. Détournement de fonds en bande organisée, blanchiment d’argent, abus de biens sociaux. Vous et votre belle-famille risquez de solides années de réclusion.”
À ce moment, deux hommes en costume sombre entrèrent. “Monsieur Henry de la Croix, Commissaire Mercier, brigade financière. Nous avons un mandat de perquisition.” Derrière eux, Gaël aperçut Catherine Lefort, la journaliste. “C’est vous qui avez alerté la police. Et la presse,” confirma Gaël. “L’article paraît dans une heure. De la Croix Industrie : un empire bâti sur la corruption. Ça devrait faire sensation.”
Thomas, paniqué, s’approcha : “Gaël, tu ne peux pas faire ça. Pense à tous les employés.” “J’y ai pensé, Thomas. J’ai pensé à tous ces employés honnêtes qui travaillent pendant que votre belle-famille les vole. Je n’ai fait que révéler la vérité.”
“Monsieur Thomas Morau, vous êtes également visé par l’enquête. Je vous conseille de prendre un avocat.” “Un avocat ? Mais je n’ai fait que signer quelques contrats.” “Quelques contrats qui ont permis de détourner près de 2 millions d’euros. Vous risquez dix ans de prison.” Élise s’effondra sur sa chaise.
“Vous avez tout planifié, n’est-ce pas ?” demanda de la Croix, regardant Gaël avec un mélange de rage et d’admiration. “Oui, vous m’avez sous-estimée, Monsieur de la Croix. Vous avez cru que j’allais encaisser l’humiliation en silence. Vous vous êtes trompé.”
Catherine de Montclaire proposa la suspension immédiate de Monsieur de la Croix. Toutes les mains se levèrent. “Motion adoptée à l’unanimité. Monsieur de la Croix, vous êtes démis de vos fonctions avec effet immédiat.”
De la Croix s’approcha : “Vous croyez avoir gagné ? Cette entreprise va s’effondrer. Tous ces emplois perdus, c’est votre responsabilité.” “Non,” répliqua Gaël calmement. “C’est la vôtre. Vous aviez le choix entre diriger honnêtement ou voler. Vous avez choisi de voler. Maintenant, assumez.”
Thomas s’approcha : “Gaël, je suis désolé. Tu ne méritais pas ce que je t’ai fait.” “Non, effectivement, mais maintenant c’est fini pour nous tous. Tu as détruit nos vies, Gaël.” “Ton mariage ? Thomas, regarde ta femme. Elle te reproche déjà d’avoir tout gâché. Ton mariage était une illusion depuis le début.” Élise foudroyait Thomas du regard : “C’est de ta faute ! Si tu n’avais pas été fiancée à cette garce, rien de tout ça ne serait arrivé !”
Gaël observa cette scène avec une satisfaction froide. Sa vengeance était parfaite. Elle avait détruit professionnellement et brisé leur couple et leur famille. “Madame Moreau, accepteriez-vous de répondre à quelques questions pour notre journal ?” “Avec plaisir, mais pas ici. Appelez-moi demain.” Gaël rangea calmement ses affaires. Sur le seuil, elle se retourna. “Mesdames et Messieurs, je vous souhaite une excellente fin de conseil d’administration.” Et elle sortit, laissant derrière elle un empire qui s’effondrait et des vies brisées. Sa vengeance était accomplie.
Six mois avaient transformé le paysage économique parisien. Depuis les fenêtres de son nouveau bureau, Gaël observait la circulation dense des Champs-Élysées. Sur son bureau en verre fumé trônait l’exemplaire du Figaro économique : “Procès de la Croix : Henri de la Croix condamné à huit ans de prison ferme.”
“Madame Moreau, votre rendez-vous de 14h est arrivé,” annonça Sophie, sa nouvelle assistante. “Faites-le entrer.” Philippe Martinau, PDG du groupe Martinau Industrie, pénétra dans son bureau. “Madame Moreau, ravie de vous revoir. Félicitations pour votre nouvelle entreprise. GMC Consulting fait beaucoup parler d’elle.” “Merci, Monsieur Martinau. Comment se portent vos affaires depuis votre séparation avec De la Croix Industrie ?” “Excellemment ! Grâce à vous. Votre intervention nous a évité de lourdes pertes. Nous souhaitons confier l’intégralité de notre stratégie marketing à GMC Consulting. Contrat sur 3 ans, budget annuel de 1,2 million d’euros. Nous voulons quelqu’un de confiance, quelqu’un qui a prouvé son honnêteté.”
Ironie du sort, sa réputation d’intégrité était construite sur l’acte de vengeance le plus calculé de sa vie. Mais le résultat était là. GMC Consulting employait maintenant 15 personnes et avait décroché des contrats avec huit grandes entreprises françaises. “J’accepte votre proposition, Monsieur Martinau.”
Après le départ de son client, Gaël se replongea dans la lecture du journal. Henri de la Croix : 8 ans de prison. Thomas Morau : 5 ans dont deux avec sursis et interdiction d’exercer des fonctions de direction pendant 10 ans. Élise Morau : 3 ans avec sursis et obligation de rembourser intégralement ses dettes de jeu, soit 847 000 €.
Son téléphone sonna. “Gaël, c’est Martine. Tu as vu les journaux ? Justice est rendue, non ?” “Thomas, cinq ans, ça va briser sa vie.” “Il a brisé la mienne d’abord,” répliqua Gaël froidement. “Il n’avait qu’à réfléchir avant de s’associer aux magouilles de son beau-père. Tu ne ressens vraiment rien ? Aucun regret, aucune pitié ?” Gaël réfléchit. De la satisfaction, du soulagement, mais de la pitié ? Non. “Martine, ils ont fait leur choix. Maintenant, ils assument les conséquences.”
“Et Élise, elle a tout perdu.” “Élise a épousé un homme fiancé en connaissance de cause. Elle a dilapidé l’argent de l’entreprise. Elle a participé à l’humiliation que j’ai subie. Elle récolte ce qu’elle a semé.”
Son téléphone vibra. Un message d’un numéro inconnu. “Gaël, c’est Thomas, il faut qu’on parle, s’il te plaît.” Elle hésita, puis tapa : “Café de la Paix, place de l’Opéra 18h30. Une seule fois.”
Gaël poussa la porte du célèbre café. Elle repéra Thomas, assis dans un coin. Il avait vieilli de 10 ans en 6 mois. “Gaël, merci d’être venue. J’ai cinq minutes. Qu’est-ce que tu veux ?” “Je voulais te présenter mes excuses pour tout. Et je voulais aussi te dire que j’admire ce que tu as accompli. Ta réussite, ton entreprise. Tu as prouvé ta valeur.” “Ma valeur ? Thomas, souviens-toi. Il y a un an, tu me disais que j’étais la femme de ta vie. Puis tu as épousé Élise parce qu’elle pouvait t’aider à réussir. Ma valeur n’a jamais été le problème. Ton manque de caractère, si.”
Thomas baissa les yeux. “Tu as raison. J’ai été lâche. J’ai choisi la facilité, l’ambition plutôt que l’amour. Et maintenant, tu paies comme Élise, comme ton ex-beau-père.” “Gaël, je sais que je n’ai pas le droit de te demander ça, mais est-ce que tu pourrais intercéder en ma faveur ? Peut-être dire aux médias que j’étais manipulé par de la Croix.” Gaël le regarda incrédule. “Tu me demandes de t’aider après ce que tu m’as fait ?” “Je n’ai plus rien, Gaël. Plus de travail, plus de femme, plus d’avenir. Je vis chez ma mère à 42 ans.” “Et qu’est-ce que j’y gagne ? Rien. Juste la satisfaction de pardonner, de passer à autre chose.” “Passer à autre chose ? Thomas, j’ai passé à autre chose. J’ai créé ma propre entreprise. J’ai reconstruit ma vie. Toi, tu veux que je t’aide à reconstruire la tienne après que tu l’aies détruite par cupidité ?” “Gaël, s’il te plaît.” “Non,” elle se leva. “Thomas, tu as fait tes choix. Maintenant, assume.” Elle le laissa seul avec ses regrets.
En sortant du café, Gaël tomba nez à nez avec Élise. L’ancienne héritière avait elle aussi changé. Fini les tailleurs de créateur et les bijoux de luxe. “Tiens tiens, Gaël Moreau en personne.” “Élise, comment allez-vous ?” “Comment je vais ? Je vis dans un studio de 20m² dans le 19e. Je travaille comme serveuse dans un restaurant de sushi pour rembourser mes dettes. Mon père est en prison. Mon ex-mari est ruiné. Comment crois-tu que je vais ?” “Vous récoltez ce que vous avez semé.”
“Ce que j’ai semé ? Gaël, j’ai épousé un homme qui était libre. Il m’avait dit qu’il avait rompu avec toi.” “Libre, Élise ? Vous m’avez vu porter une bague de fiançailles ce soir-là. Vous saviez parfaitement que Thomas était engagé. Et alors, dans notre milieu, les alliances se font et se défont selon les intérêts. Tu n’étais pas de taille à lutter contre moi.” “Pas de taille ? Regardez-nous maintenant, Élise, qui a gagné ?” Élise la toisa avec haine. “Tu as détruit ma famille. Tu as envoyé mon père en prison. Tu as brisé mon mariage.” “J’ai révélé la vérité. Votre père volait. Votre mari était complice. Vous dilapidiez l’argent. J’ai juste mis en lumière vos crimes.”
“Nos crimes ? Et toi, tu crois que ta vengeance est moins criminelle ? Tu as planifié notre destruction pendant des mois ! Tu es une manipulatrice !” “Je suis une femme qui s’est défendue. Vous m’aviez déclaré la guerre ce soir-là. J’ai simplement gagné cette guerre.” “Gagné ? Tu vis dans la haine, Gaël ? Tu as construit ton succès sur la vengeance. Tu crois que ça te rend heureuse ?” “Plus heureuse que vous en tout cas. Tu es devenue aussi froide que de la glace, aussi calculatrice qu’un ordinateur. Tu as perdu ton humanité.”
“Mon humanité ? Je l’ai perdue le soir où j’ai découvert que l’homme que j’aimais en épousait une autre. Je l’ai perdue quand vous m’avez humiliée. Je l’ai perdue quand votre père m’a menacée de me détruire.” “Nous t’avons fait du mal, c’est vrai, mais ta vengeance dépasse largement nos torts.” “Vraiment ? Voyons voir. Thomas, 5 ans de prison et carrière brisée. Vous, divorce, ruine et déchéance sociale. Votre père, 8 ans de prison. Moi, le soir du Métropole, 3 ans de ma vie anéanties. Humiliation publique, menace de licenciement. La balance me semble équilibrée.”
Élise la regarda avec dégoût. “Tu es un monstre, Gaël. Un monstre froid et calculateur. Tu as détruit des vies entières pour satisfaire ta soif de vengeance.” “Et vous, vous aviez détruit la mienne pour satisfaire votre ambition. La différence, c’est que moi, j’ai eu le courage et l’intelligence de me venger.” “Tu appelles ça du courage ? Moi, j’appelle ça de la lâcheté. Se venger dans l’ombre, manipuler les médias, utiliser la justice. Tu n’as jamais eu le courage de m’affronter directement.”
“Vous affronter directement ? Élise, le soir du Métropole, je vous ai affronté directement et qu’est-ce que ça m’a rapporté ? Humiliation et menace. J’ai appris la leçon. La prochaine fois, j’ai choisi des armes plus efficaces. Tu parles de nos vies comme d’une guerre.” “Parce que c’en était une. Une guerre que vous avez déclarée, une guerre que j’ai gagnée.”
Élise recula d’un pas. “Mon Dieu, qu’est-ce que tu es devenue ? L’ancienne Gaël avait un cœur.” “L’ancienne Gaël était naïve. Elle croyait en l’amour, en la loyauté, en la justice. Vous l’avez tuée ce soir-là. À sa place, vous avez créé quelqu’un de plus fort, quelqu’un qui ne se laisse plus jamais humilier, quelqu’un d’amère et de solitaire aussi.” “Solitaire peut-être, mais libre. Libre de vous et de vos mensonges. Libre de Thomas et de sa lâcheté. Libre de construire ma propre réussite.” Élise secoua la tête avec tristesse. “Tu n’es plus humaine, Gaël. Tu es devenue une machine à calculer, une machine à vengeance.” “Si c’est le prix à payer pour ne plus jamais être une victime, alors je l’accepte.”
Sur ces mots, Gaël tourna les talons et s’éloigna. En montant dans sa BMW, elle aperçut Thomas qui sortait du café et rejoignait son ex-femme. Ils discutèrent quelques instants, puis partirent chacun de leur côté. Gaël démarra et prit la direction de son appartement du 16e arrondissement, un appartement qu’elle avait acheté cash.
En arrivant chez elle, elle se servit un verre de champagne Krug et s’installa sur sa terrasse. Paris s’étendait à ses pieds. Elle était libre, riche, respectée. Sa vengeance était totale. Pourtant, en savourant son champagne, elle repensa aux mots d’Élise : “Tu n’es plus humaine.” Était-ce vrai ? Avait-elle sacrifié son humanité sur l’autel de la vengeance ? Elle chassa cette pensée. L’humanité était un luxe qu’elle ne pouvait plus se permettre. La froideur calculatrice était sa force, son armure, sa survie.
Son téléphone vibra. Un message de Sophie : “Madame Moreau, trois nouveaux clients nous ont contactés aujourd’hui suite aux articles sur le procès de la Croix.” Gaël sourit. Sa réputation d’intégrité lui apportait de nouveaux contrats chaque semaine. L’ironie était savoureuse. Sa vengeance la plus noire avait construit sa réputation la plus blanche. Elle tapa sa réponse : “Oui, programmez tout et prévoyez deux embauches supplémentaires pour le mois prochain.”
En reposant son téléphone, elle aperçut une silhouette familière dans la rue en contrebas : Thomas, qui la regardait depuis le trottoir. Il lui fit un geste de la main, comme pour dire au revoir. Gaël ne bougea pas. Elle le regarda simplement s’éloigner dans la nuit parisienne, disparaissant à l’angle de la rue comme un fantôme de son ancienne vie. Puis elle leva son verre vers les étoiles. “À Gaël Moreau !” murmura-t-elle. “L’ancienne est morte au Métropole, longue vie à la nouvelle !” Et elle but une gorgée de champagne, savourant le goût de sa victoire définitive. Sa transformation était complète, sa vengeance était accomplie, et contrairement à ce qu’affirmait Élise, elle était parfaitement heureuse. Du moins, c’est ce qu’elle se répétait en contemplant Paris depuis sa tour d’ivoire, seule avec sa réussite et ses souvenirs glacés.
News
The Million-Dollar Decision: Is Caitlin Clark About to Abandon the WNBA for a Revolutionary New League?
In the world of professional sports, it’s rare for a single athlete to change the entire conversation. Yet, in just…
Meghan Markle brise le silence sur les rumeurs de divorce : Sa réaction inattendue choque la toile
Meghan Markle Sort de son Silence : Sa Réaction Inattendue aux Rumeurs de Divorce avec le Prince Harry LOS ANGELES,…
« Café au lait » : Découvrez les filles de Matt Damon et Luciana Barroso, un mélange de cultures qui rayonne
Les Filles de Matt Damon et Luciana Barroso : Un « Café au Lait » de Cultures et de Beauté…
Charlize Theron et l’identité de genre : Son fils Jackson, 13 ans, en jupe, bouscule les normes et divise l’opinion
Charlize Theron et son Fils Jackson : L’Éducation Qui Bouscule les Normes de Genre et Divise l’Opinion LOS ANGELES, États-Unis…
North West : Sa vidéo de danse jugée « inappropriée » pour son âge déclenche un débat en ligne
North West : Sa Vidéo de Danse « Inappropriée » Relance le Débat sur l’Enfance des Enfants de Célébrités LOS…
Stella Banderas, héritière de stars : Elle se révèle top model prometteuse et icône de style à 28 ans
Stella Banderas : L’Héritière de Stars Qui Conquiert les Podium et Affirme son Style Unique LOS ANGELES, États-Unis – La…
End of content
No more pages to load






