PARIS, FRANCE – Le monde de la politique et celui des réseaux sociaux s’entremêlent de manière inattendue. Au lendemain de l’audition de plusieurs influenceurs, dont Nasdas, à l’Assemblée nationale dans le cadre d’une commission d’enquête sur les effets psychologiques de TikTok sur les mineurs, la députée Léa Balage El Mariky a choisi une méthode pour le moins ironique pour adresser un message à l’influenceur : une vidéo directement postée sur l’application chinoise.

Dans cette séquence publiée ce mercredi 11 juin sur son compte TikTok, la députée apparaît, une pile de dossiers à la main, s’asseyant à son bureau. Le texte superposé à la vidéo est sans équivoque : « Nasdas quand il a compris que je maîtrisais tous ses dossiers ». En fond sonore, les paroles du groupe Sexion d’Assaut, « Là j’suis pas bien, donc la morale tu vas la faire à d’autres », renforcent le ton provocateur du message. Léa Balage El Mariky a également ajouté en légende : « On ne chieneté plus ? », faisant directement référence à une expression couramment utilisée par Nasdas, le créateur de contenu le plus suivi en France sur Snapchat.

« Une question d’exemplarité » : Le Débat sur la Responsabilité des Influenceurs

Cette interpellation numérique fait suite à un débat plus large sur la responsabilité des influenceurs face à leur immense audience, notamment auprès des jeunes. La députée a d’ailleurs précisé sa pensée : « Quand on est suivi par des millions de personnes, on a une responsabilité. On ne peut pas faire tout et n’importe quoi. C’est une question d’exemplarité, d’éducation et de respect de la loi. »

La veille de cette publication, Nasdas, aux côtés d’autres personnalités des réseaux sociaux comme AD Laurent, Alex Hitchen, et Manon et Julien Tanti, avait été auditionné à l’Assemblée nationale. Cette commission d’enquête vise à évaluer l’impact des plateformes comme TikTok sur la santé mentale des mineurs.

Lors de cette audition, la députée Léa Balage El Mariky avait directement questionné Nasdas sur la nature de ses contenus, qui impliquent régulièrement des mineurs. Ses interrogations étaient précises et percutantes : « Est-ce que vos contenus reflètent uniquement la réalité ? Si c’est le cas, nous sommes confrontés à des actes souvent pénalement répréhensibles tels que des menaces au couteau, des actes de racisme, du harcèlement, de l’exploitation, du détournement de mineur ou des violences conjugales », avait-elle demandé, soulignant les préoccupations liées à la légalité et à la moralité de certains contenus diffusés.

De son côté, l’influenceur avait tenté de clarifier la situation en affirmant qu’il y avait une part de réalité et une part de mise en scène dans ses vidéos, une distinction qui ne semble pas avoir pleinement convaincu la députée. Cette confrontation, d’abord institutionnelle puis devenue virale sur TikTok, illustre les tensions croissantes entre le monde politique, soucieux de réguler l’espace numérique, et les créateurs de contenu, confrontés aux attentes de leur public et aux exigences légales.