La vérité secoue Paris ! La maîtresse du millionnaire R est enceinte du frère disparu du millionnaire ? La fête de la vérité a commencé !

Le salon de cristal et d’or resplendissait. Des centaines d’invités de la haute société levaient leur coupe de champagne, attendant le discours inaugural. Sur scène, Antoine Dubois, 30 ans, président de la chaîne hôtelière la plus exclusive de France, ajustait sa cravate. Ses yeux bleus parcouraient le salon avec la précision de celui qui contrôle tout. À son poignet, une montre suisse, mais dans sa main, une chevalière : celle de son frère, Romain, disparu six mois plus tôt sans explication.

Antoine s’approchait du microphone. Dans l’ombre, Léa Bernard, 20 ans, femme de chambre, nettoyait une tache invisible. Ses mains tremblaient légèrement. Son service était terminé, mais elle avait besoin de l’argent supplémentaire. Léa, peau claire comme la porcelaine, yeux verts grands et expressifs, contrastait avec sa timidité. Un sourire doux, absent ces dernières semaines.

« Mesdames et messieurs, ce soir nous célébrons non seulement l’ouverture d’un nouvel hôtel, mais l’engagement renouvelé de notre famille envers l’excellence… »

Les mots s’évanouirent pour Léa. Une vague de vertige. Le salon tourna. Les lumières devinrent trop vives, les sons trop forts. Ses jambes devinrent molles.

« …toute la tradition que mon père a construite et que mon frère… » Antoine s’interrompit brusquement.

Un bruit sourd. Léa était tombée au sol, juste devant la scène. Son corps s’effondrant comme une poupée de chiffon. Le silence se répandit. Antoine descendit de scène sans hésiter. Il s’agenouilla près de la jeune femme. Ses traits délicats. Quelque chose de familier, un écho lointain.

« Appelez un médecin ! » ordonna-t-il, son bras se glissant sous la tête de Léa.

Léa ouvrit lentement les yeux. Ses yeux bleus intenses l’observaient. Elle se redressa, mortifiée. « Je suis désolé, monsieur. Je… je ne devrais pas être ici. »

Antoine l’arrêta. « Restez tranquille. Vous avez besoin de voir un médecin. »

« Non, s’il vous plaît, je vais bien. C’était juste un étourdissement. »

« Comment vous appelez-vous ? » demanda Antoine, ignorant ses protestations.

Léa hésita. Elle connaissait Antoine Dubois, bien sûr. Mais lui n’avait aucune raison de la connaître. « Sophie Martin, » mentit-elle, utilisant le prénom de sa sœur. « Je suis nouvelle à la… à la blanchisserie. »

Antoine étudia son visage. Quelque chose dans ses yeux verts l’inquiétait. Le médecin de l’entreprise arriva rapidement. Léa fut emmenée à l’infirmerie. Antoine insista pour l’accompagner.

« Pourquoi êtes-vous si gentil avec moi ? » demanda Léa à voix basse.

« Parce que… » commença Antoine, cherchant ses mots, « personne ne devrait être seul lorsqu’il se sent vulnérable. » Une réponse étrange venant de lui. Léa ferma les yeux, un mélange de gratitude et de confusion.

Ce qu’aucun d’eux ne savait, c’est que cet évanouissement n’était pas le fruit du hasard. Léa se sentait bizarre depuis des semaines : nausées matinales, fatigue. Et dans son sac, une lettre froissée, relue des centaines de fois, signée par Romain Dubois, le frère disparu d’Antoine. Une lettre qui allait changer tout en éclatant au grand jour.

Trois jours après, Léa tentait de maintenir sa routine, mais rien n’était normal. Deux jours de congé payés. Du jamais vu. Chez elle, dans son petit appartement de 30 m², en arrosant ses géraniums, elle ressentit une autre vague de nausée. « Léa, ma petite, » lui cria sa voisine, Simone. « Tu as ce teint verdâtre depuis des jours. J’en ai eu cinq et je reconnais les symptômes ! » Léa fit semblant de ne pas entendre. Ce n’était pas possible.

Pendant ce temps, Antoine ne pouvait se concentrer. Il avait épluché les dossiers du personnel, cherchant « Sophie Martin ». Personne. Son assistant, Marc, entra avec un dossier. « Monsieur Dubois, la jeune femme qui s’est évanouie ne travaille pas à la blanchisserie. »

« Alors, où travaille-t-elle ? »

« Entretien de nuit. Elle s’appelle Léa Bernard, 20 ans. Dossier impeccable. »

Antoine étudia la photographie. « Pourquoi m’aurait-elle menti ? »

Léa céda à la pression de Simone et se rendit au centre de santé. La consultation fut rapide. « Léa, est-il possible que vous soyez enceinte ? »

Léa resta figée. « Non… c’est-à-dire, techniquement oui, mais… »

« Quand a eu lieu votre dernière période ? »

Léa fit des calculs mentaux. Plus de deux mois. Le monde vacilla. « Plus de… huit semaines. »

« Faisons un test supplémentaire. Et Léa, quel que soit le résultat, vous avez des options et du soutien à votre disposition. »

Léa sortit en état de choc. Si elle était enceinte, le père serait Romain, le frère d’Antoine, disparu sans explication. Elle s’assit sur un banc, sortant la lettre froissée de Romain. « Léa, pardonne-moi. Je ne suis pas l’homme que tu mérites. J’ai des dettes que je ne peux pas payer. Je pars loin… Ne me cherche pas. Trouve quelqu’un de mieux. Romain. »

Le lendemain, Léa retourna au travail avec un nœud au ventre. Les résultats du test étaient dans son sac, non ouverts. « Léa, monsieur Dubois veut vous voir dans son bureau, » l’accueillit son superviseur.

Antoine était debout près de la fenêtre. « Votre nom n’est pas Sophie Martin. C’est Léa Bernard. Pourquoi m’avez-vous menti ? »

« Parce que… je pensais que j’aurais des problèmes. J’ai interrompu un événement, j’ai fait une scène. Je voulais juste disparaître. »

« Connaissez-vous mon frère, Romain ? »

Le monde de Léa s’écroula. Pendant quelques secondes, elle ne put parler. « Je… »

Antoine vit sa réaction. « Vous le connaissez. » Léa hocha lentement la tête. « Où est-il ? »

« Je ne sais pas, » murmura Léa. « Il est parti il y a six mois. Je n’ai plus eu de nouvelles de lui. »

Antoine assimila l’information. Six mois. Exactement. « Quel genre de relation aviez-vous ? »

« Nous… nous étions ensemble. Il a dit qu’il m’aimait. Il a dit que nous allions avoir un avenir. Et ensuite… ensuite il a disparu. »

« Y a-t-il autre chose que je devrais savoir ? »

Léa pensa aux résultats médicaux dans son sac, encore non ouverts. « Non, » mentit-elle. Mais en sortant du bureau, elle savait que ce mensonge ne tiendrait pas longtemps. Ce soir-là, elle ouvrit l’enveloppe médicale et confirma ce qu’elle savait déjà : elle était enceinte de huit semaines. Le fils de Romain Dubois grandissait en elle.

Léa ne put dormir cette nuit-là. Un bébé. L’enfant d’un homme qui l’avait abandonnée, et le neveu d’Antoine, qui la regardait avec un mélange de curiosité et de méfiance. Le lendemain, elle avait pris une décision : elle ne dirait rien à Antoine, du moins pas encore.

Mais le destin en décida autrement. Lors de son service de nettoyage, les nausées la submergeassent. Catherine, une collègue, la trouva. « Mon Dieu, Léa, vous allez bien ? »

« Juste… juste quelque chose que j’ai mal mangé, » mentit Léa.

Catherine la regarda. « Ma petite, j’ai eu trois enfants. Je reconnais les nausées de grossesse quand je les vois. » Léa resta paralysée. « De combien êtes-vous ? »

« …Dix semaines. »

« Et le père ? »

« Il est parti. Il ne sait pas. »

« Écoutez-moi bien, » dit Catherine. « Ce n’est pas la fin du monde. Mais vous devez en parler à quelqu’un. Vous ne pouvez pas traverser cela complètement seule. »

Cette nuit-là, Léa terminait de nettoyer le bureau d’Antoine. Elle observa les photographies de famille : Antoine et Romain enfants, puis Romain souriant, le bras autour des épaules d’Antoine. L’affection fraternelle était évidente.

« Que faites-vous ici ? » Léa sursauta. Antoine était à la porte.

« Je terminais de nettoyer, monsieur. »

« Vous reconnaissez Romain sur ces photos ? » Léa hocha la tête. « Venez, asseyez-vous. Nous devons parler. »

Antoine lui servit de l’eau. « Léa, j’ai besoin que vous me parliez de votre relation avec mon frère. J’ai besoin de comprendre pourquoi il a disparu. »

Léa hésita. « Il a mentionné des dettes. Il a dit qu’il avait des ennemis. »

« Romain ne travaillait pas pour l’entreprise, » dit Antoine sèchement. « Il recevait une allocation mensuelle. S’il dépensait plus qu’il n’avait… Vous a-t-il déjà dit qu’il était impliqué dans quelque chose d’illégal ? »

« Non ! » répondit Léa. « Romain n’était pas… il n’était pas mauvais. Il était irresponsable, oui. »

« Vous l’aimiez ? »

Léa ferma les yeux. « Je pensais que oui. Je pensais qu’il m’aimait aussi. »

« Et maintenant ? »

« Maintenant, je pense que le véritable amour n’abandonne pas les gens quand les choses deviennent difficiles. » Une maturité, une sagesse qui impressionnèrent Antoine.

« Y a-t-il autre chose que je devrais savoir ? » Antoine la regarda intensément.

Léa était au bord du précipice de la vérité. Une partie d’elle voulait tout lui dire : la grossesse, ses peurs, sa solitude. Mais une autre partie, celle qui avait appris à se protéger, l’arrêta. « Non, » mentit-elle finalement. « Je demandais juste par hypothèse. »

« Si jamais vous avez besoin de quoi que ce soit, n’importe quoi, vous pouvez venir me voir, » dit Antoine. « Appelez-moi Antoine. »

Les jours suivants furent un enfer pour Léa. Antoine ne l’avait pas rappelée, mais elle savait qu’elle était surveillée. Marc, son assistant, apparaissait dans ses zones de travail, prenant des notes discrètement. Les nausées matinales s’aggravaient, la fatigue l’écrasait. Catherine la couvrait. « Avez-vous eu des nouvelles de monsieur Dubois ? » demanda Catherine.

« Rien. Je crois qu’il est en train de décider quoi faire de moi. »

Antoine, de son côté, menait ses propres recherches. Il savait que le salaire de Léa ne suffirait jamais pour un bébé. Il l’observait de loin, remarquant sa pâleur, ses gestes plus lents. Marc lui apporta un rapport : « Mademoiselle Bernard a du mal. Je l’ai vue vomir dans les toilettes. Ses économies sont minimes. »

L’image de Léa luttant seule le hantait. Il ne pouvait ignorer qu’elle subissait les conséquences des actions de son frère. Cette nuit-là, il décida d’agir.

« Il faut qu’on parle, » dit Antoine en trouvant Léa dans le hall. « De l’avenir. Le vôtre et celui du bébé. »

« Il n’y a pas de ‘notre situation’, » l’interrompit Léa. « C’est ma situation. »

« Non, » dit Antoine fermement. « Ce bébé est ma nièce ou mon neveu. Cela en fait aussi ma responsabilité. Je ne peux pas permettre que le fils de mon frère grandisse dans la pauvreté parce que Romain était trop lâche. »

« Nous ne sommes pas votre responsabilité ! »

« Si, vous l’êtes. Léa, soyez réalistes, comment allez-vous élever un bébé avec votre salaire actuel ? Où allez-vous vivre ? »

« Je ne sais pas ! » Léa sentit des larmes de frustration.

« Vous n’avez pas à trouver une solution seule, » Antoine s’assit en face d’elle. « J’ai une proposition. Je veux vous transférer à un poste administratif, mieux payé, horaires normaux, avantages médicaux complets. Je veux aussi vous aider à déménager dans un meilleur appartement, plus sûr. »

Léa le regarda, surprise. « Pourquoi feriez-vous cela ? »

« Parce que c’est la bonne chose à faire. Et parce que, quoi que Romain ait fait, vous ne méritez pas de souffrir de ses décisions. »

« Et qu’attendez-vous en retour ? »

« Je veux être impliqué dans la vie du bébé. Je veux être son oncle. Je veux qu’il sache qui est sa famille paternelle. »

« Et si Romain revient ? »

« Si Romain revient, nous ferons face à cette situation à ce moment-là. Mais je ne peux pas baser les décisions du présent sur une possibilité qui pourrait ne jamais se produire. »

Léa resta silencieuse. « Pourquoi êtes-vous si gentil avec moi ? Après tout, j’ai menti sur qui j’étais. J’ai caché la grossesse. »

« Parce que je vois en vous quelque chose que Romain n’a manifestement pas su apprécier : du courage, de la dignité, la détermination à faire ce qui est juste. » Antoine continua : « De plus, j’ai vu comment vous prenez soin des plantes dans mon bureau, comment vous parlez aux autres femmes de chambre avec respect et gentillesse. Vous êtes une bonne personne, Léa, et les bonnes personnes méritent de l’aide quand elles en ont besoin. »

Léa fut submergée par l’émotion. « Je ne sais pas quoi dire. »

« Dites oui. Laissez-moi vous aider. »

Léa le regarda dans les yeux. Elle y vit de la sincérité. « Oui. Mais je veux que vous sachiez que je travaillerai dur. Je ne veux pas de charité. »

« Ce n’est pas de la charité, » dit Antoine. « C’est la famille qui prend soin de la famille. »

Trois mois plus tard, la vie de Léa avait considérablement changé. Son nouveau poste d’assistante administrative lui avait apporté salaire, horaires adaptés, et une nouvelle confiance. Son appartement était lumineux et sécurisé. Sa grossesse, à cinq mois, était évidente.

Antoine avait tenu parole. Il l’avait accompagnée à ses rendez-vous médicaux, insistant pour les meilleurs soins prénataux. Il était là lorsqu’ils avaient découvert que c’était une petite fille. « Une fille, » avait-il murmuré, observant l’échographie, « elle est parfaite. »

Leur relation avait évolué naturellement. Ils déjeunaient souvent, discutant bien plus que du bébé. Ils partageaient un amour pour la littérature classique, les couchers de soleil, et un sens de l’humour similaire. Léa remarqua les petits détails chez Antoine : son sourire sincère, ses yeux qui s’illuminaient quand elle riait.

Un après-midi pluvieux de novembre, Antoine apparut, l’air sérieux. « J’ai des nouvelles de Romain. Mon détective l’a localisé en Belgique. Il est vivant et en bonne santé. Il travaille sous un nom différent. »

« Va-t-il revenir ? »

« Je lui ai envoyé un message. Je lui ai parlé du bébé. Il a dit qu’il était heureux de savoir que vous alliez bien, qu’il espérait que le bébé serait en bonne santé, et que… il pensait que c’était mieux pour tout le monde s’il ne revenait pas. »

Les mots frappèrent Léa comme une gifle. Même sachant que Romain l’avait abandonné, une petite partie d’elle avait espéré. Mais après le choc initial, elle réalisa : elle allait bien. Mieux que bien. « Je ne suis plus la même personne qui aimait Romain. J’ai changé, j’ai grandi, et honnêtement, je ne crois pas que l’homme qui m’a abandonnée enceinte sans un mot soit le genre de père que je veux pour ma fille. »

« Vous êtes incroyable, vous le savez, » dit Antoine, admirant sa force.

« Antoine… » commença Léa.

« Il y a autre chose, » l’interrompit-il, se rasseoir. « Ces derniers mois, vous voir devenir la femme forte et incroyable que vous êtes, vous voir fleurir… a été un privilège. Et à un certain moment, j’ai réalisé que je ne faisais plus ça seulement pour Romain ou pour le bébé. »

« Que voulez-vous dire ? »

Antoine se leva et marcha vers la fenêtre. « Je veux dire que je suis en train de tomber amoureux de vous, Léa. Pas de l’ex-petite amie enceinte de mon frère. Pas de la mère de ma future nièce. De vous. De la femme qui lit de la poésie, de la femme qui parle à son bébé quand elle pense que personne n’écoute, de la femme qui a la force de pardonner mais la sagesse de ne pas oublier. »

Léa resta sans voix. « Je sais que c’est compliqué, » continua Antoine. « Mais je ne peux plus faire semblant que ce que je ressens pour vous n’est que de l’inquiétude fraternelle. »

« Êtes-vous sûr que ce n’est pas juste la situation ? Le sentiment de protection ? » Léa posa sa main sur son ventre. « Quoi, ce que vous ressentez pour moi ? Parce que je vois comment vous me regardez quand vous pensez que je ne m’en rends pas compte. »

Antoine s’approcha d’elle. « Léa, ce que je ressens pour vous n’a rien à voir avec Romain, ni avec la pitié ou l’obligation. Cela a à voir avec le fait que quand vous n’êtes pas là, ma journée semble incomplète. Cela a à voir avec le fait que vous êtes la première personne à laquelle je pense quand je me réveille et la dernière avant de dormir. »

Léa sentit des larmes couler. « J’ai peur. Peur que ce soit trop beau pour être vrai. »

Antoine prit ses mains. « Puis-je vous raconter quelque chose sur cette cicatrice ? » Elle hocha la tête. « La nuit où Romain a disparu, après avoir trouvé la lettre qu’il a laissée et réalisé qu’il avait pris une somme considérable d’argent de l’entreprise, je me suis senti comme un échec total. Je me suis enfermé dans mon bureau avec une bouteille de whisky et un coupe-papier. Ce n’était pas une tentative sérieuse de suicide, c’était un moment de désespoir total. Mais ça m’a assez effrayé pour que je cherche de l’aide. J’ai été en thérapie ces derniers mois. »

« Pourquoi me racontez-vous cela ? »

« Parce que je veux que vous sachiez que j’ai aussi des peurs. J’ai aussi des cicatrices. J’ai aussi été brisé. Mais avec vous, Léa, je me sens complet d’une manière que je n’aurais jamais cru possible. »

Léa le regarda dans les yeux. Elle y vit la vérité. « Antoine… »

« Vous n’avez rien à dire maintenant, » l’interrompit-il. « Pensez-y juste. Pensez à nous. Au genre de famille que nous pourrions être ensemble. »

Une semaine plus tard, lors d’un rendez-vous médical, le médecin fronça les sourcils en écoutant le cœur du bébé. « Le rythme cardiaque du bébé est un peu irrégulier. » Léa sentit le monde vaciller. Les tests révélèrent une arythmie cardiaque mineure.

Dans la voiture, Léa était silencieuse. « À quoi pensez-vous ? » demanda Antoine.

« À quel point cela va être cher ? Les spécialistes, les médicaments, les tests réguliers… »

« Léa, regardez-moi. Ne vous inquiétez pas pour l’argent. Je m’en occuperai. »

« Vous ne pouvez pas continuer à résoudre tous mes problèmes, Antoine ! »

« Je ne résous pas vos problèmes. Je prends soin de ma famille. » Le mot « famille » resta suspendu entre eux.

« Est-ce que nous sommes ? » demanda Léa doucement.

Antoine arrêta la voiture dans un petit parc. « C’est ce que je veux que nous soyons, Léa. Ces derniers mois passés avec vous ont été les plus heureux de ma vie. Peu importe ce dont votre fille a besoin, ce dont vous avez besoin, je veux être là pour vous. Non par obligation, non par culpabilité, mais parce que je vous aime toutes les deux. »

Léa sentit son cœur se gonfler. « Je vous aime aussi, » murmura-t-elle finalement. « J’ai essayé de me convaincre que c’était d’autres sentiments, mais je vous aime, Antoine. »

Antoine l’embrassa. Léa sentit toutes les pièces brisées de sa vie s’emboîter enfin.

Deux mois plus tard, Léa donna naissance à une belle petite fille aux cheveux bruns et aux yeux qui promettaient de devenir bleus : Adeline. Malgré sa condition cardiaque mineure, elle était en bonne santé. Antoine était présent à l’accouchement, tenant la main de Léa. Quand l’infirmière posa Adeline dans les bras de Léa, Antoine pleura ouvertement. « Bonjour ma petite, » murmura Léa. « Tu as le meilleur oncle du monde qui t’attend. »

Antoine se pencha. « Vous avez l’homme qui vous aimera pour toujours qui vous attend, » dit-il doucement.

Six mois plus tard, lors d’une cérémonie intime dans le jardin de l’hôtel où tout avait commencé, Léa et Antoine se marièrent. Léa portait une robe simple mais élégante. Adeline dormait paisiblement dans les bras de Catherine.

Quand vint le moment des vœux, Léa regarda Antoine dans les yeux. « Antoine, quand je me suis évanouie dans ce salon il y a un an, j’ai pensé que c’était le moment le plus humiliant de ma vie. Je ne savais pas que c’était le moment où le destin me menait vers vous. Vous m’avez appris que le véritable amour n’est pas seulement la passion ou les promesses romantiques. C’est quelqu’un qui reste quand les choses deviennent difficiles. C’est quelqu’un qui voit votre valeur quand vous l’avez vous-même oubliée. Vous m’avez donné une famille alors que je pensais n’en avoir aucune. »

Antoine, les yeux brillants, prit les mains de Léa. « Léa, j’ai dirigé des entreprises, j’ai géré des crises, mais rien ne m’a préparé à la façon dont vous alliez changer ma vie. Avant vous, j’existais. Je remplissais mes responsabilités. Mais je ne vivais pas vraiment. Votre arrivée m’a appris que la lumière avait été là tout le temps. » Il regarda Adeline. « Je promets d’être le père qu’Adeline mérite. Je promets d’être le mari qui vous soutiendra dans vos rêves. Et je promets de vous rappeler chaque jour à quel point vous êtes extraordinaire. »

Quand l’officier les déclara mari et femme, Antoine prit Adeline dans ses bras. La petite, maintenant éveillée, le regarda avec ses yeux bleus et lui offrit son premier vrai sourire. « Bonjour princesse, » murmura Antoine. « Papa est là. » Léa observa la scène, le cœur débordant de bonheur.

Deux ans plus tard, le bureau d’Antoine avait considérablement changé. Des dessins au crayon de couleur collaient au mur. Un petit coin jeu. Adeline, une petite fille de deux ans, courait dans le bureau. Sa condition cardiaque s’était avérée mineure, et avec des contrôles réguliers, elle était une enfant tout à fait normale.

« Papa ! » cria Adeline quand Antoine entra, courant vers lui. Antoine la souleva et la fit tournoyer. À toute fin utile, il était son père. Il avait été présent pour chaque étape importante.

Léa, de son côté, était retournée étudier le soir, complétant une licence en gestion d’entreprise.

« Au fait, » dit Antoine, « j’ai reçu un appel intéressant aujourd’hui. Un journaliste. Il y a des rumeurs selon lesquelles Romain essaie de revenir en France. »

Léa ressentit une pointe de quelque chose, pas de la douleur, mais une curiosité distante. « Qu’est-ce que vous leur avez dit ? »

« Que je n’avais aucun commentaire. Mais Léa, s’il revient, s’il essaie de revendiquer des droits sur Adeline… »

Léa s’approcha et posa une main sur son bras. « Antoine, regardez-moi. Adeline a un père. Vous. Dans tous les sens qui comptent. Un test ADN ne change rien à ça. » Antoine se détendit. « De plus, » continua Léa avec un sourire malicieux, « je lui ai appris à dire : ‘Mon papa est plus fort que n’importe quel autre papa !’ Juste au cas où. »

Antoine rit. « Vraiment, papa fort ! » cria Adeline, fléchissant ses petits bras.

Ils rirent tous les deux. Antoine embrassa Léa. « Je vous aime ! »

« Moi aussi je vous aime. »

Cette nuit-là, après avoir couché Adeline, Léa et Antoine s’assirent sur la terrasse de leur nouvelle maison. « Regrettez-vous parfois ? » demanda Léa. « Toute cette situation compliquée, d’avoir épousé l’ex-enceinte de votre frère, d’élever la fille d’un autre homme ? »

Antoine la serra plus fort. « Léa, voulez-vous connaître un secret ? Parfois, je remercie Romain d’être aussi stupide. Vraiment. S’il avait été l’homme qui aurait dû être, vous n’auriez jamais été disponible pour moi. Je n’aurais jamais eu l’occasion de tomber amoureux de la femme la plus incroyable du monde. »

« Vous êtes ridicule ! »

« Je suis chanceux, » la corrigea-t-il, « extrêmement, incroyablement chanceux. »

Alors qu’ils observaient les étoiles au-dessus de Paris, Léa réfléchit au chemin étrange qui l’avait menée jusqu’à ce moment. Cela avait commencé par la douleur, la trahison, et la solitude. Cela était passé par la peur, l’incertitude, et la honte. Mais cela s’était terminé ici, dans les bras de l’homme qui l’aimait complètement, avec une fille en bonne santé et heureuse dormant dans la chambre d’à côté, avec un avenir plein de possibilités.

« Antoine ! » murmura-t-elle en s’endormant contre sa poitrine. « Merci de m’avoir vu quand je pensais être invisible. Merci de m’avoir laissé vous aimer quand je pensais ne pas le mériter. » Et sous les étoiles parisiennes, Léa comprit ce que signifiait être chez soi. Ce n’était pas un lieu. C’était une personne. C’était cette famille qu’ils avaient construite ensemble. C’était l’amour réel, compliqué, beau, et imparfait. C’était suffisant. C’était plus que suffisant. C’était tout.